The spirit of Taï chi - essential principles

Extraits traduits de l'anglais du livre de John Lash

Préface

Quelques citations :
-"le Taï Chi est une expérience, un chemin de vie"
- "l'étudiant doit porter le Taï Chi en lui chaque seconde"
- "toute la personnalité agit totalement ici et maintenant"


Chapitre 1 - LE TAO
"Selon l'ancienne pensée chinoise, l'Univers est une vaste entité, une grande unicité. Cette perception n'est pas rare parmi les peuples 'primitifs'. De tels peuples vivent au plus près de la Nature qui exige l'harmonie entre l'humanité et l'univers comme prix de la survivance.
Les Chinois ont réalisé que tout dépend de tout et que l'harmonie est le principe de base de l'existence.
L'unité de tout ce qui existe s'appelle TAO".


Chapitre 2 - LE TAÏ CHI
"En réponse à la condition de séparativité dans laquelle se trouve l'humanité, les Chinois ont développé un ensemble d'exercices physiques combinés à un développement spirituel afin d'aider le praticien à obtenir une compréhension intuitive (par opposition à la compréhension rationnelle) et en unité avec le Tao.
Ces disciplines physiques sont connues dans leur ensemble sous le nom de TAÏ CHI".


Chapitre 3 - TAÏ CHI ET LE TAO TE KING

N.B - Le Tao Te King (le livre de la voie et de la vertu) est une œuvre de spiritualité attribuée à Lao Tseu (milieu du VIème siècle avant J-C). Il est composé de 81 versets répartis en deux volumes : le Livre de la voie et le Livre de la vertu.
John Lash reprend successivement chacun de ces versets en les mettant en parallèle à la pratique du Taï Chi. Ce qui permet de mieux comprendre, non seulement le rapport entre Tao et Taï Chi mais également ce que le Taï Chi n'est pas.

En voici quelques extraits :

Verset 1
Parler du Tao n'est pas parler du véritable Tao parce que le Tao n'est pas quelque chose qui peut être mis en mots. Vous ne pouvez seulement qu'en ressentir l'unicité. Le Taï Chi est une imitation du Tao. Il est également quelque chose qui ne peut pas être saisi par le mental. Il doit être expérimenté.
Il faut appréhender le Tao et le Taï chi avec tout son être ; le saisir avec tous ses sens, son intuition, sa conscience intérieure.

Verset 3

Ne pas exalter les surdoués empêche de se quereller.

La compétition est une séparation, une perte d'Unité [...] En self-défense de taï chi, nous coopérons avec la force de l'autre plutôt que de la compléter.

Nous coopérons avec le monde et ainsi nous évitons les conflits.

Le Taï chi n'est pas une compétition. Il n'y a pas de récompenses, pas de trophées, pas de ceintures colorées de distinction. C'est devenu une tendance récemment pour certains professeurs de Taï chi de faire passer des tests à leurs élèves afin de juger de leur niveau d'avancement. Pourquoi tester ? Quel genre d'enseignant est-il s'il ne sait pas jusqu'où son élève est arrivé ? Et, puisque le Taï chi est un processus sans fin, quelle différence cela fait-il de toute façon ?

Certains professeurs de Taï-chi encouragent leurs élèves à participer à des compétitions d'arts martiaux, comme le tournoi international de Taï chi en Chine. Je me souviens d'un étudiant me disant combien il était fier parce que son professeur avait gagné un tournoi international. Ainsi, tant l'enseignant que l'élève semblent avoir oublié le point essentiel de ce qu'est réellement l'essence du Taï chi.

Verset 4

Quand nous pouvons unir notre esprit, notre corps et notre âme dans le Tan Tian, le centre de notre chi, nous sommes dans le VIDE et UN avec toutes choses. Nous pouvons atteindre le Vide en nous débarrassant de notre ego, de nos ambitions et de nos idées toutes faites de la façon dont va le monde

Verset 8

Le Taï chi est une méditation en mouvement dans laquelle nous pénétrons au plus profond de notre coeur plutôt que de notre mental. L'Univers est trop vaste pour que la pensée puisse le saisir. Mais dans le coeur se trouvent compassion, amour et miséricorde.
...

En self-défense taï chi, nous n'utilisons pas notre force et notre vitesse pour essayer de nous frayer un chemin à travers la défense de l'attaquant afin de frapper. Nous évitons et cédons jusqu'à la bonne seconde pour frapper. Nous attendons que l'attaquant soit devenu trop étendu et déséquilibré. Lorsque ces conditions sont présentes, nous nous déplaçons instantanément avec toute notre puissance et notre concentration. C'est ce qu'on appelle "attendre le tao.

Cette philosophie s'applique à tout ce que nous faisons dans la vie, pas seulement en auto-défense. Si vous êtes détendu, tranquille, flexible et centré sur vous-même, vous pouvez vous déplacer à tout moment, dans n'importe quelle direction avec toute votre puissance.

En raison de l'importance du "timing", le Taï chi est conçu pour perfectionner cette capacité. Tous les mouvements nécessitent que la main, le pied, le genou, etc. commencent à la même seconde et atteignent le point d'achèvement à la même seconde. Parfois, la main a un trajet beaucoup plus long à parcourir que le genou, mais ils doivent quand même commencer et finir à la même seconde. Cela signifie que la main et le genou doivent se déplacer à des vitesses différentes.

Ce n'est pas quelque chose que l'esprit peut contrôler.

Vous ne pouvez pas penser à la bonne vitesse pour chacune des différentes parties du corps. C'est le corps lui-même qui doit connaître la vitesse correcte.

Grâce à notre entraînement, notre corps est en contact étroit et en harmonie avec notre volonté. Ainsi, le corps sait de lui-même où il va et, de ce fait, la main sait à quelle vitesse elle doit se déplacer pour arriver en même temps que le genou.

Lorsque votre corps, votre esprit et votre âme seront devenus unifiés de cette manière, vous traverserez la vie en sachant quand agir et quand "attendre le Tao

Verset 11

Habituellement, lors de la pratique du Taï chi, l'élève se concentre pleinement sur chaque détail de chaque mouvement.

Mais, avec la pratique, le temps viendra où l'étudiant passera dans le Vide (la vacuité).

Il arrivera à la fin de la séquence de mouvements et se rendra compte qu'il ne bougeait pas consciemment, qu'il ne se souvient pas d'avoir fait les mouvements.

Ces mouvements venaient de lui-même, spontanément, sans l'interférence du mental.

Autrement dit, il était dans le Vacuité et ne faisait qu'un avec le Taï chi.

Verset 14                                                                                               

L'Unité qui est le Tao est quelque chose qui ne peut être vu. Elle est cachée dans la myriade de manifestations individuelles de ses parties.

De même [la personne qui pratique] le Taï chi ne peut être vue car elle est devenue UN avec tout ce qui est. Elle disparaît dans le Tao.

Ainsi, dans mon école, il est obligatoire de porter du noir. Le noir est la couleur du Yin, l'humilité, l'invisibilité et le mystère, toutes caractéristiques du Tao. Cela aide l'étudiant à disparaître dans l'Unité du groupe au fur-et-à-mesure que les mouvements s'écoulent ... dans la classe, l'individu doit disparaître dans le tout.

...

Lorsque le dernier des 108 mouvements du Taï Chi Chuan est terminé, où l'élève s'est-il déplacé ? Nulle part. L'étudiant est exactement là où il a commencé. Ce n'est pas un but mais simplement le processus de déplacement qui est important en Taï Chi. Parce qu'il n'y a pas de but, il n'y a rien à atteindre. Le Taï Chi est un voyage sans fin.

Verset 16                                                                                                      

Toutes choses viennent du Tao et retournent au Tao. Le Tao est notre Source. Au sein de l'individu, le Tao se manifeste dans le Tan Tien, le point situé à environ 6 cm au-dessous du nombril qui est le centre du Chi. La personne de Taï Chi garde son esprit concentré sur ce point et, ce faisant, atteint l'immobilité en son centre. La personne de Taï Chi devient le point immobile du Tao toujours en mouvement. C'est à lui que le monde peut s'accrocher car il est toujours là, toujours en sécurité et là où il est, c'est la paix et le repos.

Verset 22                                                                                                      

Le Taï Chi cède toujours face à l'agression. La force doit avoir quelque chose avec quoi entrer en contact ou elle se transforme en son contraire, la faiblesse. Essayez de frapper l'air de toutes vos forces. À la fin du coup de poing, vous serez faible et déséquilibré. Quand le Yang va trop loin, il se transforme en Yin. Ainsi, il n'y a pas d'attaques en Taï Chi, que des réponses.

La personne de Taï Chi attend l'attaque puis cède pour que la frappe passe inoffensivement. Lorsque l'attaquant ne rencontre aucune résistance, il perd sa force et son équilibre et c'est à ce moment que la personne de Taï Chi répond par une frappe appuyée par le Chi ou par une prise.

Si vous ne rivalisez pas avec les autres, personne ne peut rivaliser avec vous. La concurrence, quelles que soient les circonstances, est une séparation. Si quelqu'un gagne, quelqu'un d'autre doit perdre. Qu'est-ce que votre gain fera à cette autre personne ? Comment peut-on prendre plaisir à ce que quelqu'un perde ?

La personne de Taï Chi ne se querelle pas car elle n'a rien à défendre.

Verset 25

Du silence et du Vide, le Tao surgit. Par conséquent, le silence et le vide sont la nature de tout ce qui existe. C'est ce silence et cette nature du vide que le Taï Chi aide l'élève à découvrir en lui-même, à travers les mouvements silencieux et vides qui sont son enseignement.

L'étudiant en taï chi, comme le Tao, est seul. Il n'y a rien auquel il puisse se raccrocher, excepté son propre centre. En se tenant en son centre, en restant immobile, il devient le centre de l'Univers et une grande source de force pour tous les gens et pour tout ce qui l'entoure. Ils sauront que, quelles que soient les catastrophes qui se produisent, il y aura toujours un point dans l'Univers qui restera tranquille et plein de paix : la personne taï chi est ce point. Le taï chi est appelé mouvement immobile car, bien que le taï chi soit en mouvement continu, il reste immobile en son centre.

… 

Je ne connais pas son nom. L'appel est Tao.

Lao Tseu disait qu'il ne sait pas quelle est la
force qui gouverne l'univers, ou plutôt
qu'il ne la connaît qu'en termes intellectuels.
Il sait simplement qu'elle est là et qu'elle est la "Voie".

Verset 27

A travers les intuitions du Taï Chi, l'élève se rend compte que l'univers entier dépend de lui. L'harmonie sera perdue pour l'univers tant qu'il ne devient pas un avec sa propre nature et tant qu'il ne suit pas cette nature là où elle le mène.

Lui seul est responsable de la paix et de la tranquillité du Tao. Cela signifie que là où il y a disharmonie n'importe où dans l'univers, c'est de sa faute. S'il y a quelqu'un qui meurt de faim, s'il y a la guerre, si quelqu'un est sans abri, si quelqu'un est opprimé, si la nature est polluée, si un enfant est maltraité, si quelqu'un est malade, c'est de sa faute. S'il avait fait ce que sa nature exige de lui, seule l'harmonie régnerait dans tout le Tao.

Mais, cette prise de conscience ne vient pas d'une analyse logique de la vie, et le Taï Chi ne l'enseigne pas non plus : elle se développe progressivement à partir de l'étudiant en Taï Chi lui-même alors qu'il chemine toujours au plus près de l'Unité avec sa propre nature.

Verset 28

L'uniformité du vêtement, ou du moins de sa couleur, n'enlève en rien à l'individualité de l'élève. Le Taï Chi doit être pratiqué seul afin que l'élève puisse évoluer à son rythme et expérimenter son propre chi.

Lorsqu'il est seul, peu importe les vêtements qu'il porte ou la vitesse à laquelle il effectue les mouvements, car il est seul et apprend à se connaître. Mais le Taï Chi doit aussi se pratiquer en groupe. 

Le Taï Chi aide l'élève à devenir un avec lui-même et avec les autres. Pratiquer seul prend en charge la connaissance de soi et pratiquer en groupe lui apprend à ne faire qu'un avec les autres. Lorsque l'élève est dans la classe, il doit, comme tout le monde, ajuster sa vitesse à celle des autres. Il doit disparaître dans la classe comme il disparaît dans le Tao.

 Le port du noir facilite ce processus.

Certains élèves ont du mal à accepter cette approche. (...) Ils ne comprennent pas que le développement le plus complet de l'individu ne peut passer que par le développement de l'humanité dans son ensemble.

 

La discipline du Taï Chi aide l'étudiant à revenir à l'état d'existence simple et naturel qu'il avait avant que les idées complexes et fixes de sa société ne lui soient imposées. Lorsqu'une telle simplicité est atteinte, il ne peut plus être manipulé par les autres.

Verset 31

Les armes sont des instruments de peur ; ce ne sont pas les outils d’un sage. Ils ne les utilisent que lorsqu’il n’a pas le choix (…) Ainsi, le Taï chi entraîne aussi avec des armes lorsque l’étudiant a pratiqué depuis longtemps (…) L’entraînement avec des armes apprend à l’élève à ne faire qu’un avec des objets inanimés afin que tout ce qu’il touche devienne une extension de lui-même. Son Chi coule à travers l’arme et il devient autant une partie de lui que son propre bras.

Mais permettez-moi de répéter que ni l’autodéfense, ni la pratique du bâton ne peuvent être appris dans une école traditionnelle tant que l’élève n’a pas étudié pendant plusieurs années.

Verset 32

Une fois l’ensemble divisé, les parties ont besoin de noms...

C’est pourquoi je n’aime pas enseigner à mes élèves les noms de chacun des 108 mouvements du Taï Chi. Je ne veux pas qu’ils pensent en termes de 108 mouvements distincts. Au Taï Chi, il n’y a qu’un seul mouvement.

Lorsque les élèves perçoivent cette unité, ils sont capables de circuler entre les mouvements sans s’arrêter et donc leurs mouvements sont plus fluides et harmonieux. Quand un élève me demande le nom d’un mouvement, je lui donne, mais je ne vais pas au-delà...

Verset 33

La connaissance et la compréhension des autres ne peuvent pas être pleinement développées tant que l’élève n’a pas développé la connaissance de soi, et chaque aspect du Taï Chi est conçu pour aider l’étudiant dans ce processus.

Au cours de la première leçon de Taï Chi, l’élève apprend à placer son esprit rationnel dans le Tan Tien, ou centre du Chi. Là, l’aspect rationnel de la pensée est apaisé alors qu’il fusionne avec le corps et sert de récepteur des impressions inconscientes des différentes parties du corps. Dans cet état, la personne prend conscience de tout ce qui se passe à l’intérieur d’elle-même.

 Verset 36

La personne de Taï Chi cherche le point médian entre les opposés. Dans ce point médian, aucun des contraires ne domine l’autre. C’est un endroit sans haut ni bas, bon ou mauvais, succès ou échec. En d’autres termes, c’est un lieu d’harmonie.

Verset 44

La plupart des gens aiment les autres à cause de ce que les autres peuvent faire pour eux. Nous sommes possessifs de nos proches et nous cherchons à les lier à nous. La personne de Taï Chi doit donner son amour tout en restant sans attache. Il doit aimer les autres non pas à cause de ce qu’ils font pour lui, mais parce qu’ils sont eux-mêmes.

La sécurité est la mort de la liberté. Les gens passent tellement de temps à essayer de sécuriser leur vie qu’ils en oublient de vivre.

Chaque étape du voyage est un pari et la personne de Taï Chi doit être prête à tout risquer... afin de suivre sa nature là où elle le mène.

Verset 45

Pour la personne pratiquant le taï chi, le plus grand accomplissement possible est de ne faire qu'un avec sa propre nature et de transmettre cette nature dans la réalisation de son destin. Si cela signifie qu'il doit devenir bûcheron plutôt qu'un scientifique célèbre ou une star de cinéma, alors il sera bûcheron. Les gens ne peuvent pas comprendre pourquoi il serait bûcheron alors qu'il pourrait être une star de cinéma. C'est parce que notre société respecte le statut social plutôt que le contentement et le bonheur personnels. La connaissance de la vie et de son fonctionnement est la base sur laquelle repose le Taï chi.

La grande éloquence … !
La poésie zen semble maladroite car le poète utilise peu de mots. Le sens du poème zen est véhiculé par ce qui n'est pas dit et pourtant il exprime l'essence de la vie plus clairement que d'autres types de poésie.
Le taï chi a aussi sa maladresse car le professeur essaie d'enseigner ce qui ne s'apprend pas et de parler de ce qui ne peut se dire. L'élève doit apprendre à entendre le silence entourant le peu de mots de l'enseignant. Dans le silence, le Tao parle de lui-même.
...
Le mouvement est au-delà de la stagnation. L'immobilité surmonte le constant va-et-vient des désirs. La personne du taï chi doit continuellement bouger (c'est-à-dire se développer et grandir) tout en restant toujours immobile (c'est-à-dire fixée en son centre immobile). Ainsi le Taï chi est souvent appelé "le mouvement immobile.

C'est seulement dans le calme et la tranquillité que nous pouvons sentir et voir l'Unité et l'harmonie de l'Univers.

Verset 50

Les gens évoluent vers la réalisation de leur nature et de leur Unité avec le Tao. Mais comme ils se nourrissent du sentiment de séparation, de l’esprit de compétition et du conflit, ils ne peuvent pas devenir un avec le flux de la vie.

Mais, une fois que vous vous êtes engagé à trouver votre nature, vous vous dirigez vers votre destin, cette place unique dans l'univers, cette fonction unique que vous, seul, devez remplir. Dans de telles circonstances, l'univers est avec vous et tout ce qui existe vous aidera dans votre cheminement car l'harmonie de tous dépend de votre réussite.

Et quand la mort viendra, elle sera pleine de sens, comme le résultat final de tout ce que vous avez été.

Je sens que je connais mon destin et, par conséquent, je n'ai pas peur de la mort parce que je sais que je ne peux pas mourir avant d'avoir fait ce que ma nature exige que je fasse.

Verset 54
L’idée d'enracinement est très importante dans la pratique du Taï chi car son enseignement est basé sur la position des pieds sur lequel repose le mouvement. Si cette position n'est pas correcte, il ne peut y avoir d'équilibre.
Le corps entier repose sur les pieds. S’ils ne sont pas dans la bonne position, la respiration, le mouvement des mains, une bonne concentration et une coordination correcte ne signifieront rien car le mouvement n'aura aucune base pour se construire.

Le poids doit être correctement réparti entre les deux pieds et les pieds doivent être ancrés au sol. Cet enracinement est obtenu en envoyant le Chi du Tan Tien (centre du Chi) à travers les jambes dans le sol.

L'enseignant doit pouvoir pousser l'élève à tout moment pendant la séance de Taï Chi sans que celui-ci ne perde l'équilibre.

Verset 55

Si ce que vous faites demande beaucoup d'efforts et que vous semblez être continuellement bloqué, il y a de fortes chances que vous vous trompiez de chemin.

Mais la seule véritable façon de savoir est de regarder en vous-même pour savoir si ce que vous faites est quelque chose que vous devez faire. Si c'est quelque chose que votre nature exige que vous fassiez, alors peu importe qu'il y ait des difficultés ou non, ou que ce soit bien ou mal pour vous.

Parfois, je vois des élèves faire beaucoup de bruit avec leur respiration. Ils forcent cette respiration plutôt que de la laisser s’écouler naturellement. La respiration doit être aussi silencieuse que le reste du Taï Chi.

 Verset 56

La vérité est au-delà des idées et des mots : elle ne peut être qu'expérimentée. Les gens qui passent leur temps à parler de vérité, d'illumination et de sagesse ne peuvent pas savoir de quoi ils parlent ou ils ne veulent pas faire l'effort.

Dans le Taï Chi, il n'y a pas d'autorité suprême. Les personnes qui obtiennent le plus haut niveau de développement du Taï Chi ne seront jamais connues car elles savent enseigner ce qui ne s'apprend pas.

Ainsi, tout enseignant que vous rencontrez est quelqu'un qui n'a pas encore atteint le Tao. Le professeur de Taï Chi est une personne qui suit le parcours du Taï Chi depuis plusieurs années et qui en sait donc un peu. Mais l'élève doit être conscient que le professeur ne connaît pas la voie, il ne connaît pas le Taï Chi sinon il n'enseignerait pas.

Qui peut enseigner le Tao ? Qui peut connaître l'Univers ?

Mais lorsqu'il atteint le niveau le plus élevé, lorsqu'il devient un avec le Tao, il n'y a plus ni maître ni élève. Il n'y a que le Vide dans lequel la personne disparaît.

Verset 59
La personne du Taï Chi aide l'univers à atteindre un état d'harmonie et de paix. Pour ce faire, il doit se soucier des autres mais pas à l'excès. Aller trop loin, c'est trouver le contraire de ce que l'on cherche. S'occuper excessivement de quelqu'un, c'est le déresponsabiliser.

Une fois que vous avez trouvé votre nature et ne faites plus qu'un avec elle, rien n'est impossible […] La grande majorité des adultes ne croient pas que des choses extraordinaires soient possibles. Ils ne croient pas qu'ils peuvent faire des choses incroyables ou qu'ils peuvent changer le monde.

 Verset 64

Ne possédant que lui-même, la personne de Taï Chi n'a rien à perdre et n'a donc pas peur des autres. […] Accepter l’expérience du Taï Chi, c'est accepter la responsabilité de l'harmonie de tout l'univers. Tout ce qui existe doit être aimé et chéri par celui qui cherche à ne faire qu'un avec le Tao. La personne qui est aimée par une autre personne se tourne toujours vers elle-même afin de découvrir ce qui cause un tel amour et, ce faisant, se rapproche d'une compréhension de soi et de sa nature.

Verset 70
Les voies du Tao sont naturelles et coulent sans effort. Pour les connaître et les comprendre, il suffit de regarder en soi. Mais l'humanité s'est éloignée de l'Unité. Nous sommes séparés non seulement de l'univers mais de notre propre nature. Nous avons abandonné notre connaissance intuitive au culte de l'esprit rationnel et à sa création, l'ego, qui opère sur la base des attachements aux désirs.

CONCLUSION
… si ce livre vous a donné le moindre aperçu du voyage fantastique qu'est le Taï Chi, alors gardez cet aperçu comme un joyau précieux au fond de votre cœur et il vous aidera lors des moments difficiles que vous rencontrerez au cours de votre vie. Faites votre propre voyage vers Mère Tao, qui, en fin de compte, est vous-même.

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